IA générative : 86 % des ados l’utilisent, leurs parents sous-estiment cet usage

Selon un sondage YouGov pour le think tank européen Interface, publié ce jeudi 22 octobre 2026, 86 % des 11-17 ans utilisent au moins un outil d’IA générative, alors que seuls 76 % des parents pensent que leur enfant le fait : les parents sous-estiment l’usage, surtout chez les plus jeunes.

En bref
  • 86 % des adolescents interrogés utilisent une IA générative (ChatGPT, My AI, Siri, Character.AI…), contre 76 % estimés par les parents.
  • Chez les 11-12 ans, 40 % utilisent régulièrement une IA « généraliste » ; leurs parents l’estiment à 26 %.
  • 92 % des jeunes utilisateurs disent passer plus de temps qu’ils ne le souhaiteraient sur au moins un de ces outils.
  • 42 % des parents ne se sentent pas du tout accompagnés face à ces usages.

Un sondage sur les familles françaises face à l’IA #

L’enquête a été réalisée en ligne par YouGov du 24 au 30 juin 2026, pour le compte d’Interface, un think tank européen consacré aux politiques numériques. Les résultats ont été rendus publics le 22 octobre, dans une note intitulée « Grandir avec l’IA générative », signée par Jessica Galissaire.

L’échantillon réunit 1 138 parents d’enfants de 11 à 17 ans, représentatifs en âge, genre, région et catégorie socioprofessionnelle, et 970 adolescents de 11 à 17 ans interrogés avec l’accord de leurs parents. Les jeunes ont été répartis en trois tranches : 11-12 ans, 13-15 ans et 16-17 ans.

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Le questionnaire distinguait quatre familles d’outils : l’IA générative « généraliste » (type ChatGPT), les compagnons IA (type Character.AI), l’IA intégrée aux réseaux sociaux (comme My AI sur Snapchat) et les assistants vocaux (comme Siri).

Ce que font vraiment les ados, et ce qu’en pensent leurs parents #

Premier enseignement : l’IA générative fait déjà partie du quotidien. Selon la note d’Interface, 63 % des parents comme des enfants utilisent au moins un outil d’IA générative au moins une fois par semaine. Parmi les mineurs, 78 % déclarent utiliser une IA généraliste, 55 % un assistant vocal, 50 % une IA intégrée aux réseaux sociaux et 32 % un compagnon IA.

Le décalage apparaît quand on interroge les parents sur leur propre enfant. Ils sont 66 % à penser que leur enfant utilise une IA généraliste, contre 78 % des jeunes qui le déclarent. Pour l’usage au moins hebdomadaire de ces outils généralistes, l’écart est de 41 % côté parents contre 51 % côté enfants, d’après le rapport détaillé de YouGov.

Type d’outil Usage déclaré par les ados Usage estimé par les parents
Au moins une IA générative 86 % 76 %
IA généraliste (ex. ChatGPT) 78 % 66 %
Assistants vocaux (ex. Siri) 55 % 49 %
IA des réseaux sociaux (ex. My AI) 50 % 44 %
Compagnons IA (ex. Character.AI) 32 % 29 %

Source : YouGov pour Interface, « Parents et adolescents face à l’IA générative », enquête du 24 au 30 juin 2026.

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Les 11-12 ans, angle mort des parents #

Plus l’enfant est jeune, plus les parents se trompent. Chez les 11-12 ans, 40 % déclarent utiliser régulièrement une IA généraliste, quand leurs parents estiment ce chiffre à 26 %. Au total, 56 % des 11-12 ans utilisent au moins un type d’IA générative chaque semaine.

Plus étonnant : 23 % des 11-12 ans disent utiliser l’IA intégrée aux réseaux sociaux et 16 % des compagnons IA, alors que les conditions générales de la plupart de ces services ne leur en autorisent pas l’accès, souligne Interface.

La dimension relationnelle est aussi plus marquée chez les plus jeunes : 14 % des 11-12 ans qui utilisent l’IA générative disent s’en servir pour se confier, contre 6 % des 13-15 ans.

« Trop de temps » : les ados le disent eux-mêmes #

C’est sans doute le chiffre le plus frappant. Parmi les adolescents qui utilisent l’IA générative, 92 % déclarent passer plus de temps qu’ils ne le souhaiteraient sur au moins l’un des outils étudiés. Interface précise que ce n’est pas un indicateur clinique de dépendance, mais un ressenti très répandu.

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Ce sentiment est plus fort pour les outils conçus pour retenir l’attention : 59 % des utilisateurs de compagnons IA et 57 % des utilisateurs d’IA intégrée aux réseaux sociaux disent y passer trop de temps, contre 45 % pour l’IA généraliste et 43 % pour les assistants vocaux.

Côté bien-être, 38 % de l’ensemble des ados interrogés déclarent ressentir des émotions négatives au moins une fois par semaine. La proportion monte à 44 % chez les utilisateurs réguliers d’IA générative et à 50 % chez les utilisateurs réguliers de compagnons IA. Les auteurs insistent : ces chiffres ne prouvent pas que l’IA provoque cette détresse.

Des parents plus inquiets que leurs enfants #

Pour les ados, l’IA est d’abord un outil pratique. Parmi ceux qui connaissent ces outils, 89 % y voient au moins un aspect positif. Ils sont 47 % à estimer qu’elle leur fait gagner du temps, par exemple pour les devoirs, et seulement 17 % à penser qu’elle les empêche de réfléchir par eux-mêmes.

Les parents sont plus partagés. 32 % la jugent utile pour la réussite scolaire, mais 27 % estiment qu’elle nuit au développement de la réflexion personnelle de leur enfant, et 24 % qu’elle l’expose à des informations fausses ou trompeuses. Selon Interface, 44 % des parents de jeunes utilisateurs ne se sentent pas à l’aise quand leur enfant utilise l’IA générative.

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Parents : 42 % ne se sentent pas du tout accompagnés #

Seuls 32 % des parents s’estiment suffisamment accompagnés pour encadrer l’usage de l’IA par leur enfant. 26 % se sentent accompagnés mais pas assez, et 42 % pas du tout. Ce manque est plus fort chez les parents qui n’utilisent eux-mêmes aucune IA régulièrement (51 % ne se sentent pas du tout accompagnés).

Vers qui se tourner ? Les parents citent d’abord l’école et les enseignants (51 %), puis les entreprises qui conçoivent les outils d’IA (41 %) et les pouvoirs publics (30 %). Leur propre famille n’arrive qu’en quatrième position (23 %).

Et moi, concrètement, que faire à la maison ? #

Le sondage montre surtout un manque de dialogue. Quelques réflexes simples permettent de réduire l’écart entre ce que l’on croit et ce que fait son enfant :

  • Poser la question sans juger : quels outils utilise-t-il, pour quoi faire (devoirs, curiosité, discussion) ? Le sondage montre que les ados en parlent volontiers comme d’un outil pratique.
  • Repérer l’IA « cachée » : l’assistant intégré à une messagerie ou à un réseau social compte aussi. C’est celui que les jeunes jugent le plus chronophage.
  • Parler des compagnons IA : ces applications qui simulent une relation sont celles où le sentiment de « trop de temps » est le plus fort.
  • Intégrer l’IA aux règles d’écran de la maison, au même titre que les vidéos ou les jeux, et utiliser les outils de contrôle parental du téléphone.

Pour les repères de durée selon l’âge, notre article combien de temps d’écran par jour selon l’âge de l’enfant fait le point.

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Questions fréquentes #

Combien d’adolescents utilisent l’IA générative en France ?
Selon le sondage YouGov pour Interface publié le 22 octobre 2026, 86 % des 11-17 ans interrogés utilisent au moins un outil d’IA générative, et 63 % en utilisent un au moins une fois par semaine.
Les parents savent-ils que leur enfant utilise ChatGPT ?
Pas toujours : 66 % des parents pensent que leur enfant utilise une IA généraliste comme ChatGPT, alors que 78 % des ados le déclarent. L’écart est le plus fort chez les 11-12 ans (26 % estimé contre 40 % déclaré).
Les ados pensent-ils passer trop de temps sur l’IA ?
Oui : 92 % des jeunes utilisateurs disent passer plus de temps qu’ils ne le souhaiteraient sur au moins un outil d’IA, en particulier les compagnons IA (59 %) et l’IA intégrée aux réseaux sociaux (57 %).

À retenir #

  • L’IA générative est déjà dans le quotidien de 86 % des 11-17 ans, souvent plus que leurs parents ne l’imaginent.
  • L’écart de perception est le plus fort chez les 11-12 ans, qui utilisent parfois des services interdits à leur âge.
  • Les ados eux-mêmes estiment y passer trop de temps, surtout sur les compagnons IA et l’IA des réseaux sociaux.
  • La majorité des parents se sentent peu ou pas accompagnés et attendent d’abord l’aide de l’école.

Sources : Interface, « Grandir avec l’IA générative » ; rapport YouGov (PDF) ; Next.

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